GALERIE VIRTUELLE sur RAPSODIE  N°13


 

INTRODUCTION A L’ ESTHETIQUE DES PROPORTIONS

   Dans ce numéro de La B@lise nous nous proposons d’examiner comment se pose aujourd’hui la question des critères esthétiques, après les polémiques et les débats qui ont agité les milieux de l’art contemporain en France dans la dernière décennie.
    Pour saisir la pertinence d'une telle question à notre époque, nous nous sommes demandé si ce problème de la validité des critères du beau s'était déjà posé antérieurement, et comment ? Quelles solutions avaient été avancées ? Dans le domaine architectural, en particulier, la théorie des proportions nous apparaît comme une tentative de justification particulièrement cohérente, dans le passé, des valeurs esthétiques. Pourquoi et comment cette théorie s'imposa-t-elle sous l'antiquité gréco-romaine et à l'âge de l'humanisme pour décliner progressivement ensuite, à l'ère baroque, et disparaître au XIX ème siècle ? Autant de questions qui nous permettront peut-être d'entrevoir la complexité des liens qui unissent les partis pris esthétiques aux autres composantes culturelles d'une époque.
   Nous verrons dans cette première partie (n°13) en quoi cette querelle portant sur l'appréciation qualitative de l'art contemporain diffère de l’affrontement qui oppose Blondel à  Perrault au XVII ème, dans le cadre de la querelle des Anciens et des Modernes. Alors même que l’opinion de Perrault annonce l'autonomie future de l' esthétique en tant que discipline, celle de Blondel, s’appuyant sur l’autorité des Anciens (et des artistes de la Renaissance), sur une conception du beau transcendant, fait du principe de proportion, appliqué à la composition architecturale, une condition nécessaire de la beauté . Parmi les sources antiques de cette approche mathématique du beau, nous en présenterons deux particulièrement importantes : la composition de l’âme du monde selon Platon dans le Timée et les notions de "Symmetria" et de "commodulation" chez Vitruve.
   Dans une seconde partie (n°14), nous essayerons de saisir comment la Renaissance s’est appropriée cette théorie des proportions avec ALBERTI notamment, comment elle s’est efforcée aussi de la christianiser . Nous effleurerons l'aspect symbolique des tracés régulateurs en architecture et en peinture avec PIERO DELLA FRANCESCA avant d'essayer de comprendre en quoi la perspective répond, au XV ème siècle, au désir de mise en proportion symbolique du monde visible, en comparant certaines propositions de PIERO et de LEONARD.
   Après avoir étudié quelques tracés régulateurs "cachés" dans des compositions architecturales au XVI ème siècle, nous nous intéresserons au MODULOR de LE CORBUSIER, un des ultimes avatars de cette esthétique des proportions, avant de nous interroger sur les raisons de la perte progressive de sa cohérence symbolique.

 

(Première partie)

1) D'une querelle à l'autre

 

 

2) Deux sources antiques majeures

 

 

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 Michel Gardes


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Dernière mise à jour : 30/06/01