L'Entrepôt Galerie redécoupant son espace, offre en ce moment deux expositions pour le prix d'une, et c'est gratuit. Que demander de plus ? Bon, d'accord, mais quelle rupture, et de quelles évidences ? Eh ben voilà déjà des questions à emporter au Confort pour ne pas arriver les mains vides... Rupture des évidences est la rencontre (la cohabitation ?) de deux collectifs occasionnels ; d'une part le groupe SPLITt, trois musiciens/plasticiens et deux de leurs amis pareillement polyvalents, réunis ici comme pour "le buf" à la fin d'un concert, et d'autre part Concrete Castle, qui regroupe des proches de Rita Ackermann. (Vous trouverez une présentation de Rupture des évidences et une brève bio de chacun des artistes y participant sur le site du confort) le groupe SPLITt (nom
qu'on ne leur souhaite pas prémonitoire dans l'avenir immédiat)
intitule l'ensemble du travail proposé "SPLITt"(1),
ce qui nomme plutôt bien l'éclatement des formes dans lesquelles
les cinq artistes travaillent, tant dans l'individuation de leurs pratiques
personnelles que dans celles du collectif.
Jad Fair (musicos texan à la discographie longue comme le bras) expose des peintures sur verre réalisées pour la circonstance. Ça tient un peu de la figuration libre, on pense à Keith Haring ou à Hervé DiRosa... Un travail lâché, sans complexe (bis) presqu'une illustration du vieil adage : "on est jamais si bien servi que par soi même". Peut-être de quoi convaincre les plus réticents de nos drôles, que l'important, somme-toute, c'est de faire des images ! et puis, un éléphant, même laid, c'est toujours un éléphant, et quelqu'un qui aime bien les éléphants ne peut pas être entièrement mauvais...
Dominique Figarella (guitariste du groupe SPLITt) fait de la peinture... mais pas seulement. Comme Hugues Reip pour ses fleurs, il a recours à de grands tirages-imprimante de photos de la peinture qui viennent s'y surajouter. On a donc le support, une généreuse coulée de peinture-peinture, et une photo de cette même généreuse coulée alors qu'elle est encore si fraîche et brillante que s'y reflètent les artisans et accessoires de la prise de vue. Une image dans l'image de l'image, si l'on accepte le postulat que la tache fait image. En même temps que la photographie fait obstacle entre le spectateur et la peinture en s'y superposant, en occultant une vaste zone à son image déformée par la perspective, elle en donne le spectacle, la théâtralise un peu en révélant une étape de son histoire. (je ne sais pas si je me fais bien comprendre...) La peinture, motif sur le support, devient à son tour support lorsque la photo en reproduit le motif.
Autre pièce du même artiste : Sans Titre,
Débouchoirs
Faudrait savoir, c'est sans titre, ou ça s'appelle Débouchoirs ? Un diptyque vertigineux, qui lui aussi contient les indications sur les étapes de sa propre fabrication et du coup se démultiplie presque en quatre panneaux. Les deux parties centrales n'en constituant qu'un seul de pure peinture, les bords de gauche et de droite donnant à voir le procédé en deux photographies qui figurent les panneaux ouverts du triptyque que ça n'est pas ! Si-si, c'est assez fort, Monsieur Figarella , sans parler des débouches-lavabos chers à Franquin, qui lui aussi, aimait bien les éléphants.
Fabio Viscogliosi (écrivain, dessinateur et musicien) propose un plein mur de ses travaux. Alph'art coup-de-coeur à Angoulème en 1996, il produit livres et pochettes de (ses) disques. C'est une sorte d'artiste animalier, qui dit ne pas oser se risquer à figurer l'humain, de peur de le défigurer. C'est pas grave, bonhomme, de François Pompom à Edmond F. Calvo, en passant par Rembrandt Bugatti, les animaliers sont de grands modestes chers à nos coeurs... Et puis il y a là de quoi faire réfléchir un peu tous les niveaux sur la place que peut tenir l'illustration dans l'art contemporain. On peut aussi envisager la chose sous l'angle de l'accrochage (présentation ?), ou comment occuper un grand espace avec des "petits dessins".
voilà pour SPLITt, avouez qu'il y a déjà de quoi faire. Un coup d'il maintenant sur Concrete Castle, une tout autre affaire. C'est proprement protéiforme ! À la fois projet, lieu, tournage, aventure, vidéo, performance, story-board, conducteur, livre-objet, dessins, photos, avatars, occasion, rencontres, et j'en oublie certainement... Comment résumer ça : les reliefs d'une résidence ?
Rita Ackermann, commissaire de cette expo, réuni une brochette d'amis autour de la réalisation du pilote d'une série télé (Concrete Castle) de Disciple Films (société travaillant déjà avec le monde de la mode) qui comporterait 500 épisodes ! Une des salles de l'entrepôt-galerie du Confort Moderne devient donc studio, une autre vestiaire (vêtement prètés par les maisons de couture amies, ou comment rendre service et sponsoriser en même temps), etc... Rien d'étonnant, Rita Ackermann travaille aussi entre autre avec le monde de la mode. Comme nombre de ses amis participant à Concrete Castle. Aujourd'hui le tournage est terminé, que reste-t-il donc à l'exposition ?
uvre-espace, le studio/monochrôme vert, pour un travail d'incrustation vidéo... Rien de tel pour s'immerger dans la couleur. Y lâcher une classe, juste pour voir comment ça les ébahi, rien que ça vaudrait déjà qu'on se renseigne sur les tarifs des bus !
si le "melting pot" a encore un sens, ce
que l'économie tend à invalider, c'est dans le monde des
arts qu'il est aujourd'hui perceptible.
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(1)
on dit qu'un groupe "splite"
lorsqu'il éclate, que ses membres se séparent pour continuer des
carrières en solo...![]()
| Académie
de Poitiers Courrier électronique : denis.fontaine@ac-poitiers.fr |
Dernière mise à jour : 10/10/05 |