Giacomelli photographe
    Il n’a que faire de la technique. Muni d’un appareil bricolé avec du scotch, il aborde la photographie en autodidacte simplement guidé par son instinct. Il bouleverse les pratiques photographiques par sa méconnaissance : il surexpose, surdéveloppe, emploie une faible profondeur de champ, utilise des films périmés pour obtenir des contrastes plus accentués… Malgré son côté désorganisé, c’est un alchimiste, au tirage dans le petit laboratoire qu’il a installé chez lui, réalisant un travail très personnel affranchi des procédés techniques habituellement utilisés.

En 1954 il acquiert son premier appareil photographique. Entre 1954 et 1957 il participe à des nombreux concours photographiques en Italie, entre dans le groupe "Misa", guidé par le maître Giuseppe Cavalli, importante figure de référence pour les jeunes photographes de cette période. "Misa" était le laboratoire privilégié pour arriver au célèbre groupe "la Boussole", dans lequel Giacomelli entrera en 1956, en partageant l'idée fondatrice que la photographie doit être un art, libre des exigences de la chronique documentaire.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une Europe détruite, la tendance générale est à l’oubli. On veut sortir du carcan imposé par les dictatures apparues quelques vingt années plus tôt et, pour ce faire, redonner libre cours à l’expression individuelle. En photographie, un mouvement né en Allemagne va ouvrir la voie sous le nom de Subjektive Fotografie, affirmant l’importance d’un parti pris esthétique tant sur le fond que sur la forme, affirmant “le pouvoir créateur du photographe qui, seul, transforme le sujet en image”. C’est toute la jeune photographie européenne en révolte qui s’engouffre dans la brèche. 

Mais l’après-guerre italien est également marqué par le néo-réalisme : des films surtout, largement inspirés par la rue, la lente reconstruction, les difficultés rencontrées par les Italiens les plus pauvres (Rossellini, de Sica, Visconti parfois aussi).

Ces mouvements, ces deux élans sous-tendent le travail de Mario Giacomelli, alliant humanisme et graphisme expressionniste. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Académie de Poitiers
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Dernière mise à jour : 14/11/05