Exposition
Véronique SELLERET
Espace Art Contemporain
28 rue Cargoulleau, La Rochelle
Tél: 05.46.34.76.55
Du 20 Septembre au 22 Novembre 2003
T.l.j de 14h30 à 18h sauf mardi, dimanche et j.fériés


 

Il semble que Véronique Selleret ait choisi de présenter ses installations entre guillemets. Je veux parler d'une part de cette pièce qui nous accueille dans la cour d'entrée de l'Espace d'Art Contemporain ; un ballot de morceaux de papiers déchirés enveloppés dans un film plastique transparent sur palette et d'autre part dans le jardin à l'arrière du bâtiment de cette balle de paille circulaire. Ce deux oeuvres encadrent le corpus de l'exposition qui s'articule en trois volets constitués par les trois salles de l'Espace d'Art Contemporain. Mais elles font plus que cela, elles donnent des indications sur les façon d'opérer de Véronique Selleret : par exemple le ballot de papiers enveloppés dans un film plastique annonce à la fois le matériau essentiellement décliné dans l'ensemble des installations à savoir le papier mais également le recours au film plastique pour retenir un papier froissé noir de l'une des installations ou encore la balle de paille circulaire nous renvoit à de nombreuses installations dont les pièces sont constituées de papiers ou de bande passante de caoutchouc noir disposés en spirale.

Ce jeu de renvoi d'une installation à l'autre éclairant mutuellement leur poïétique et leur poétique semble même s'étendre à certains éléments architecturaux des salles d'exposition, ainsi les décors en plâtre représentant divers motifs floraux semblent faire écho aux bandes de papier froisé de couleur jaune et orange enroulées sur elles-même qui semblent dessiner elles aussi des motifs floraux.

A ce propos les pièces constituées d'un papier vert tressé et enroulé en spirale surmonté d'une boule de papier chiffonné rouge en son centre ne sont pas sans évoquer des sortes de nénuphar, autre motif floral. Si la salle centrale et la salle latérale droite semblent dominées par ces oeuvres à connotation végétale, les pièces de la salle de gauche serait plutôt à connotation minérale ; la couleur des papiers : noire, blanche ou brique et les plissements, les froissages évoqueraient davantage des minerais ou des concrétions minérales.

Le dispositif des installations n'est pas étranger à cette interprétation possible du travail de Véronique Selleret. Si les pièces "florales" sont en nombre important, suffisamment important pour saturer l'espace de chaque salle où elles sont installées et donner une impression de champ, les pièces "minérales" sont, elles, à exemplaire unique ou en paire, isolées dans la salle comme des météorites tombées là ou une coupe géologique extraite de je ne sais quel sol imaginaire.

Deux grandes directions d'exploitation pédagogique peuvent être explorées à partir de cette exposition: d'une part l'action que l'on fait subir au matériau tel que le papier, là où Véronique Selleret associe un nombre limité d'actions avec différents papier à savoir : froisser, enrouler, tresser, chiffonner, déchirer on pourrait envisager d'autres actions : compresser, couper, empiler, pinçonner, plier, coller etc et d'autre part le mode de présentation de ces pièces de papier qui peuvent être posées, multipliées, mais aussi suspendues, en mouvement, portée etc... La première direction porte sur les possibilités du matériau-support et la deuxième sur les possibilités de la scénographie, de l'installation. les deux ne sont pas forcément dissociables : enrouler c'est former une spirale, c'est à la fois jouer sur les possibilités du matériau et définir un mode de présentation. Il y a donc là la possibilité de faire comprendre non seulement la distinction entre possibilité endogène et exogène d'un matériau ou entre transformation matérielle et plastique d'un matériau et interprétation contextuelle et circonstantielle d'une oeuvre.


Académie de Poitiers
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Dernière mise à jour : 13/10/03