Basket dans le cycle central du collège

 

Les enjeux de formation

 

Analyse des ressources représentatives et perceptives

Les ressources liées à la perception, l'image mentale, et les représentations conceptuelles
Pour définir ces ressources nous nous appuyons sur les définitions des objets mentaux de Jean Pierre Changeux et sur l'analyse de la perception d'Alain Berthoz.

La perception :

" Le percept primaire est un objet mental dont le graphe neuronique et l'activité sont déterminés par l'interaction directe avec le monde extérieur. "

L'image mentale :

" L'image mentale est un objet de mémoire autonome et fugace dont l'évocation ne requiert pas une interaction directe avec l'environnement " ; elle est " stable dans le temps " et cette stabilité suppose une sélectivité, une simplification, un élagage des graphes neuroniques utilisés par les " percepts primaires " caractérisés par l'interaction directe avec le monde extérieur.

Le concept :

" Le concept est, comme l'image, un objet de mémoire, mais ne possédant qu'une faible composante sensorielle, voire pas du tout. "
Le concept est un objet mental abstrait qui utilise les signes conventionnels du langage support de la communication entre individus d'un même groupe social.

ANALYSE

La représentation conceptuelle

Identifier clairement les savoirs à acquérir en sport collectif relève de la pensée conceptuelle. Cela permet de donner du sens aux apprentissages. Cette identification des cascades d'obstacles à franchir, ne peut se faire que par la verbalisation, c'est à dire une communication, une confrontation entre ce que l'élève comprend, ses représentations, celles de ses pairs et celles de l'enseignant.

S. Brau-Antony dans son article de la revue E.P.S. " Comment donner du sens aux apprentissages ? " attire notre attention sur cette nécessité d'assurer une appropriation (et non une simple énonciation) des critères de l'action par les élèves ; critères qui serviront à l'évaluation formatrice (faite par l'élève). Les enjeux de la motivation reposent sur cette quête de sens ; à partir de l'analyse d'un vécu dans des situations authentiques.
Mais comment ces représentations conceptuelles vont-elles :

  • permettre de construire de nouvelles images mentales, mémorisées ;
  • et permettre ainsi de nouvelles perceptions ?

La perception

Tout éducateur connaît les limites du principe : je perçois, j'analyse, je programme et j'agis.

" Je pense que les fonctions cognitives les plus élevées sont dues à une poussée de l'évolution vers le développement de cette capacité de réorganiser l'action en fonction d'événements imprévus. Cela exige le développement de la mémoire du passé, des facultés de prédictions et de simulation du futur, et la méta faculté de les mobiliser rapidement puisqu'elles doivent s'intégrer dans un cycle perception-action qui dure parfois un dixième ou un vingtième de seconde. " Alain Berthoz : le sens du mouvement

La perception est définie non plus comme une réception d'informations, mais comme une faculté de comparer une prédiction et une réalité. Percevoir c'est comparer un vécu mémorisé qui permet d'anticiper et une réalité, et c'est cette notion d'écart qui est importante.
Il fait référence à une conception projective du système nerveux. La perception n'est pas réception mais interprétation.
Il nous place devant une conception dynamique de la perception, car " elle n'est pas seulement une interprétation des messages sensoriels ; " elle est contrainte par l'action, elle est simulation interne de l'action, elle est jugement et prise de décision, elle est anticipation des conséquences de l'action ".

Percevoir c'est agir : Qu'est-ce que le joueur doit faire, quelles sont ses intentions d'actions et quels repères perceptifs lui sont pertinents pour réguler ses actions en fonction de ses prédictions ?

Il y a donc une nécessité :

  • d'une conscience des intentions de l'action, sur le plan moteur ;
  • d'une construction de repères, d'indices pertinents, prédictifs, émanant de l'action, qui sont le résultat d'une cohérence liée à la combinaison de plusieurs facteurs perceptifs (visuels, kinesthésiques, auditifs, articulaires, musculaires..) ; et qui sont mémorisées bien au-delà du champ de la conscience.

Nous pouvons donc espérer que, chez l'apprenant, c'est la confrontation entre l'intention qui guide ses prédictions d'actions et de perceptions ; et les résultats de son action et de ses perceptions effectives qui va peut-être lui permettre de construire des " images mentales ", opérationnelles pour ses actions futures, (images mentales qui sont un élagage, une simplification des graphes neuroniques impliqués dans les percepts primaires - J.P.Changeux).

Le joueur ne peut donc pas apprendre en dehors de l'action, mais dans un contexte informationnel proche de la réalité même si ce contexte est simplifié.

Nous nous plaçons ainsi sur l'approche par la compréhension du jeu mis en avant par J.F. Gréhaigne ; M. Billard ; J.Y. Laroche lorsqu'il propose à partir des travaux de Bunker et Thorpe de mettre l'accent sur la tactique consciente et les procédures de décision avant la sélection des habiletés motrices et leur exécution.

Les processus cognitifs sont donc décisifs dans l'orientation et le contrôle moteur des actions. Ainsi pour les joueurs, comprendre les règles d'actions qui conditionnent la réussite de l'échange de balle, doit leur permettre d'organiser leur cycle " perception-action " futur.

Mais il n'y a pas de bonnes réponses, chaque individu doit construire ses propres réponses en fonction de ses propres ressources, de ses propres habiletés et des habiletés de ses partenaires et adversaires.

Et c'est de la construction de cette faculté d'anticipation projective et de la prise en compte des écarts de la prédiction avec la réalité que le joueur pourra moduler son action et améliorer sa performance.

Une technique sportive est une attitude motrice pertinente qui permet au joueur de se préparer à cette " perception-action ".

Conclusion

Les situations pédagogiques proposées dans le documents essaient de correspondre à cette conception de l'acte moteur :

    • des tâches de résolution de problèmes : pour la compréhension conceptuelle ;
    • des tâches d'exécution non automatisée : pour une mise en mémoire d'images mentales, souples, prédictives, et anticipatrices ;
    • des tâches d'exécution automatisée : pour la construction d'habiletés motrices indispensables pour élaborer des "perceptions-actions" plus adaptées.

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Académie de Poitiers
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Dernière mise à jour : 17/06/01