APPROCHE DE L’APS, CONSEQUENCES DIDACTIQUES

 

  1. Vivre la génèse

Toute approche doit permettre à l’élève, selon R. Deleplace, de vivre la genèse de l’activité, pour que les règles aient un sens, soient comprises et infèrent sur le comportement cognitif et moteur. Ainsi, les élèves de 6° doivent vivre la phase de combat collectif anarchique, que représentait la soule. Seules, les règles de la marque, de l’espace délimité, et du respect de l’adversaire seront prises en compte.

Une restriction sur le principe de liberté totale pour l’action sur le ballon peut être envisagée pour le jeu au pied. Ceci pour diverses raisons ; tout d’abord l’aspect sécuritaire (forte densité de joueurs autour du ballon, rebond capricieux...), mais également pour éviter une utilisation massive et inappropriée de cette solution pour avancer.

La règle du hors-jeu n’est introduite que lorsqu’elle devient une nécessité pour respecter l’esprit du jeu (parti pris athlétique).

Toujours selon R Deleplace, il faut conduire l’apprentissage du SIMPLE au COMPLEXE et du GENERAL au PARTICULIER. En 6° ne sera donc abordé que le général ; le mouvement général des joueurs (les phases de conservation lors de l’arrêt du mouvement que sont le maul et le ruck seront l’objet d’un autre cycle au collège et l’approche des phases statiques, touche et mêlée peuvent n’être enseignées qu’au lycée).

  1. Faire vivre l’affrontement

Activité de combat, le rugby doit faire vivre tout de suite l’affrontement physique qu’il convient donc de réguler pour lever les problèmes affectifs. Plusieurs paramètres permettent cette gestion :

  • le travail en groupe physiquement homogène : les binômes ou les groupes doivent rassembler des élèves ayant des " puissances physiques " proches. La mixité n’est pas un problème, c’est l’hétérogénéité qu’il convient de maîtriser ;
  • les variables didactiques : cf ci-dessous ;
  • les différents rapports d’opposition : comme dans toute activité d’opposition collective ou individuelle (raquettes, combat), la variation des rapports d’affrontement est un paramètre important de l’apprentissage. En rugby nous les dénommons, partenaire-partenaire (opposition raisonnée), partenaire-adversaire (attaque défense ou kakari geko en judo), adversaire-adversaire (jeu réel). Ces rapports peuvent évoluer au cours d’une tâche d’apprentissage,une situation en relation partenaire-partenaire peut, au signal de l’enseignant ou dans un cas précis connu de tous devenir du jeu réel (relation adversaire-adversaire) . Ils peuvent faciliter la prise d’informations et participent à une canalisation " citoyenne " de l’engagement physique.
  1. Varier les types de situations

R. Deplace a défini 3 types de situations en rugby :

  • la première concerne l’opposition homme à homme ;
  • la seconde s’adresse au collectif de ligne (jeu déployé ou jeu groupé) ;
  • la troisième met en jeu le collectif total.

Il est intéressant et important que dans la leçon les élèves vivent des tâches dans les 3 niveaux.

  1.  Variables définissant chaque tâche
  • droits des joueurs :
    être très strict pour ne pas mettre en danger l’intégrité physique des joueurs (par exemple, interdire la poussée du bras libre du porteur de balle, la poussée en touche...) ;
  • consignes :
    les contraintes de la tâche (par exemple, une seule passe permise en 2 contre 1...) ;
  • aire de jeu :
    varier la longueur et la largeur ;
  • lancement de la tâche :
    préciser comment et quand débute la tâche ?
  • fin de la tâche :
    comment et quand finit la tâche (faute, essai, sortie...) ?

Et, bien sûr, mais ce n’est pas une spécificité du rugby, les critères de réussite.

  1. Deux Variables au rugby influent prioritairement sur les comportements attendus 
  • la largeur du terrain :
    en théorie, chaque joueur dispose de 5 mètres de large pour pratiquer. Réduire ou augmenter cette variable va induire des comportements. Si on augmente la largeur on favorise le jeu en contournement, si on réduit la largeur on incite au jeu par pénétration ;
  • le lancement de jeu :
    pour éviter les chocs violents de face, en début de tâche, nous préconisons de réduire la distance attaquant-défenseur (environ 3, 4 mètres) lors de chaque début de tâche.

 

Académie de Poitiers
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Dernière mise à jour : 21/10/00