Tennis de Table
Diversité des ressources
Apprentissage de tous

 

INTRODUCTION

 

 Il est coutumier d'entendre dire que le tennis de table est une activité présentant trop de difficultés pour être enseignée efficacement au collège, tout au moins dans les petites classes. Or dans les établissements qui se sont donnés les moyens d'installer des tables en béton pour agrémenter les récréations, on voit surtout les petits y passer une grande partie de leur temps libre. La raquette est petite, légère, facile à transporter, l'installation est relativement peu coûteuse, fixe et solide (filets en métal), le jeu est attractif, plaisant, souvent drôle et permet des variantes infinies.
A regarder jouer les élèves on s'aperçoit que très vite leurs gestes s'affinent, leur précision s'améliore ; des progrès s'opèrent assez rapidement, et sont générateurs de motivation, si tant est que la réussite entraîne l'envie de se perfectionner.

Chez les plus grands, il nous arrive de rencontrer des élèves en grande difficulté motrice, pour lesquels on n'arrive pas facilement à trouver des situations d'apprentissage efficaces.

Par ailleurs, à tous les niveaux de classe, l'enseignant se heurte à une grande difficulté : répondre à l'évidente hétérogénéité de ses élèves.

Nous pouvons éviter les classements de l'hétérogénéité selon le sexe. En effet, si à un haut niveau de compétition de tennis de table on peut considérer que les hommes sont plus performants que les femmes, il n'est pas rare de rencontrer dans nos classes bon nombre de filles qui se montrent supérieures à des garçons. De même, on peut voir assez souvent des adolescents battre des élèves beaucoup plus âgés qu'eux. Ceci s'explique du fait que l'activité tennis de table ne nécessite pas obligatoirement les outils habituels qui font l'efficacité motrice : taille, force explosive, souplesse, endurance etc. pour atteindre un niveau convenable. Une certaine habileté, au service d'une capacité à " toucher fin ", analyser le jeu, anticiper, contenir ses émotions, est toutefois nécessaire au progrès, ainsi qu'une certaine vitesse de réaction.

Ceci nous amène à rechercher des classifications selon des critères particuliers. Différentes modélisations de critères sont à notre disposition dans la littérature EPS  (voir annexe). Nous tenterons, pour répondre à l'intitulé de ce stage, de considérer trois classifications propres au tennis de table, nous choisirons :

  • celle de C. SÈVE (Tennis de table, une approche au collège, Revue EPS 1991 N°228) pour ce qui concerne ce que nous appellerons les " styles de jeu " ;
  • celle de J.F. MARIE, parue dans (Du ping-pong au tennis de table, revue AFRAPS 1993), au paragraphe des " niveaux de conation : caractéristiques générales ") ;
  • enfin celle de C. SÈVE de 1995 (Tennis de table, de l'école aux associations, revue EPS) qui met en évidence les intentions tactiques de l'élève.

Notre objectif étant de développer des apprentissages au sein de l'institution scolaire, nous nous efforcerons de prendre en compte les différentes attitudes face à l'EPS en général. En effet, le niveau d'engagement dans les apprentissages est conditionné par la représentation que se fait l'élève de l'APS, certes, mais dépend également de son attitude en EPS : il ne réagira pas de même s'il est en 6ème, où l'EPS est souvent perçue comme une discipline à part, qui permet de " s'éclater " et qui demande peu d'effort intellectuel, ou s'il est en terminale avec option tennis de table au baccalauréat. De même, le public ne réagira pas identiquement en section littéraire qu'en section technologique etc.

Nous tenterons également de prendre en compte les traditionnels buts d'engagement des élèves : but de maîtrise, qu'on rencontre majoritairement chez les filles et but de compétition (ou de comparaison sociale) plutôt fréquent chez les garçons. Dans ce même registre, nous placerons les élèves que nous qualifierons de " scolaires ", dans un sens non péjoratif du terme, et caractérisant les élèves qui font convenablement tout ce que l'enseignant demande, sans s'engager outre mesure.

Toutes ces classifications permettent de concevoir des niveaux différents, dans différents registres, et les franchissements de ces niveaux nécessitent de surmonter certains obstacles : affectifs, moteurs, scolaires, cognitifs etc. Nous tenterons de présenter des exemples de situations d'apprentissage permettant selon nous de surmonter les obstacles. Il s'agira de proposer des situations problème (SP), des situations de résolution de problème (SRP), d'étayage, de " désétayage ", de décontextualisation, de recontextualisation.

Enfin, ces considérations peuvent être envisagées comme déclinant des différents aspects que prend la motivation :

  • l'activité fait elle sens pour l'élève ? Correspond-elle à la représentation qu'il s'en fait, et l'inscrit-elle dans un processus de développement personnel ?
  • à quel niveau de difficulté doit-on confronter l'élève dans les différentes situations d'apprentissage ? Quel décalage optimal peut-on envisager : faisabilité motrice, cognitive, affective et relationnelle, pour qu'il en comprenne le sens et soit motivé par les tâches proposées ?
  • quelle prise en compte du plaisir dans cette activité ? Dosage du jeu, en alternance avec des confrontations, de l'exercice, de l'entraînement, de la répétition ?

Notre pari étant de chercher à favoriser l'apprentissage de tous, c'est à dire de chacun, en prenant en compte la diversité des publics, nous ne prétendrons pas résoudre tous les problèmes que cela induit. Notre propos se bornera à définir quelques situations favorables à notre démonstration, ce qui ne manquera pas, pensons-nous de susciter une réflexion approfondie chez nos collègues quant aux possibilités éducatives qu'offre le tennis de table.

Après un chapitre meublé de considérations générales sur le vocabulaire spécifique, la place que tient le Tennis de table (TT) dans les programmes, nous présenterons les différentes classifications que nous avons choisies, en ce qu'elles répondent à notre souci de prendre en compte la diversité des élèves ; puis, nous proposerons des situations d'apprentissage et des situations de remédiation ou d'aide au franchissement d'étapes.

 

Académie de Poitiers
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Dernière mise à jour : 16-mar-03