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2ème
moment : la loi de séparation de 1905.
- à partir des deux premiers
articles de la loi de 1905 et dun petit dossier de documents,
faire ressortir non pas le pourquoi de la séparation, mais la
signification de celle-ci (singularité de la laïcité française)
En juillet 1901, le gouvernement
modéré de Waldeck-Rousseau fait voter la loi sur les associations,
qui complète lensemble des libertés républicaines mais prévoit
que les congrégations religieuses ne pourront ni se former ni
enseigner sans autorisation légale. Toutes les congrégations non
autorisées sont dissoutes.
En 1902, les élections législatives
voient la victoire dune majorité radicale et anticléricale
dirigée par Émile Combes, ancien séminariste et docteur en théologie.
Une loi de juillet 1904 interdit
tout enseignement aux membres des congrégations, fermant les écoles
même autorisées. Dans le même temps, les relations entre la Papauté
et la République française se dégradent. Au cours dun voyage
officiel en Italie en avril 1904, le Président Émile Loubet ne
rend pas visite au pape Pie X. Le Saint-Siège proteste énergiquement
dautant que le Pape se considère comme le seul souverain
dItalie, déniant toute légitimité à Victor-Emmanuel III ;
Léon XIII, quelques années plus tôt, avait même interdit aux chefs
dÉtat de confession catholique de rendre visite à l" usurpateur ".
Au cours du mois de juillet, deux évêques, accusés dêtre
francs-maçons, sont convoqués à Rome. Combes leur interdit dy
aller. Sensuit alors un échange épistolaire à la suite duquel
la France rompt ses relations diplomatiques avec la Papauté.
Lannée suivante, au
mois de décembre, est votée la loi de séparation de lÉglise
et de lÉtat, dont le rapporteur est Aristide Briand. Par
lencyclique Vehementer, Pie X condamne la séparation
et la spoliation des biens ecclésiastiques ; en mars débute
laffaire des inventaires : la loi de 1905 proclamait
que les biens ecclésiastiques étaient propriété de lÉtat,
mais prévoyait que les édifices religieux et les objets du culte
seraient confiés à des associations culturelles élues par les
fidèles, dès lors que linventaire en serait fait. Considérant
quil ne sagit uniquement là que dun prélude
à la confiscation pure et simple, les catholiques tentent en différents
endroits dempêcher la procédure des inventaires, ce à quoi
le gouvernement réplique en faisant appel à larmée ;
certains officiers récalcitrants démissionnent ou bien sont destitués ;
en décembre, la loi entre en vigueur, les ecclésiastiques sont
expulsés et les bâtiments sont mis en vente. Une loi maintenant
laffectation religieuse des lieux de cultes, dont les communes
et les départements sont désormais propriétaires, est votée en
1907. La situation des prêtres se dégrade rapidement et lon
enregistre 700 ordinations annuelle contre 1500 en 1904. Pie X
institue alors le denier du culte.
En août 1914 le gouvernement
suspend lexécution des mesures prises en vertu des lois
de 1901 et 1904 contre les congrégations. La mort de Pie X, la
francophilie du nouveau Pape Benoît XV, lattitude des 25000
prêtres et séminaristes mobilisés (20% dentre eux meurent
durant le conflit) durant la Grande Guerre modifient lattitude
anticléricale de bien des Français.
Après la guerre, la situation
politique est bien différente : Jeanne dArc est canonisée
en 1920, les relations avec le Saint-Siège rétablies la même année ;
en Alsace et en Moselle, le Concordat de 1801 continue dêtre
appliqué ; lÉtat désigne les évêques de Metz et Strasbourg
et rétribue les prêtres.
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