. 20-27 septembre : le service des renseignements de l'armée intercepte une lettre, le fameux "bordereau". Adressé à Schwartzkoppen, l'attaché militaire allemand en poste à Paris, ce bordereau laisse entendre que des renseignements sur l'armement français vont être transmis à l'ambassade d'Allemagne en France.

· 15 octobre : les soupçons se portent sur les stagiaires de l'Etat-major. Parmi eux, Alfred Dreyfus est soumis à une dictée, pour que son écriture soit comparée à celle du bordereau. Après un rapide interrogatoire par le commandant du Paty de Clam, il est arrêté sur-le-champ pour haute trahison et conduit au secret à la prison du Cherche-Midi.

. 1er novembre : début de la campagne antisémite de la Libre Parole qui ouvre sur un titre à sensation " : HAUTE TRAHISON, ARRESTATION DE L'OFFICIER JUIF ALFRED DREYFUS". Drumont y invente des aveux de Dreyfus, des "preuves absolues qu'il a vendu nos secrets à l'Allemagne" et surtout que "l'affaire sera étouffée parce que cet officier est juif"

 . 7 novembre : ouverture de l'instruction judiciaire menée par Bexon d'Ormescheville, officier à la retraite.

. 28 novembre : le général Mercier affirme dans le Figaro sa certitude quant à la culpabilité de Dreyfus !!

. 19 décembre : ouverture du procès, à huis clos.

. 21 décembre : déposition du commandant Henry.

· 23 décembre : le capitaine Dreyfus est condamné à la déportation à vie par le Conseil de guerre, à l'unanimité, sur la foi d'un dossier secret non communiqué à la défense. Trois documents composent ce dossier secret : le billet Alexandrine, "Cette Canaille de D..." et le rapport Guénée ( un rapport signé d'un agent de la Section des Statistiques ; Il a rajouté, dans de vieux rapports, les déclarations d'un informateurs "honorables" affirmant qu'il y avait un traître à l'Etat-major. Il a également été chargé de trouver un mobile à la trahison et, pour en trouver un, a inventé des dettes de jeu à Dreyfus.

. 31 décembre : Rejet du pourvoi en cassation