Chronologie

1804 : Naissance de Victor Schoelcher à Paris (le 21 juillet).

1807 : lnterdiction de la traite négrière par l'Angleterre.

1815 : Congrès de Vienne, les pays européens acceptent l'interdiction théorique de la traite négrière.

1818-1819 : Courtes études au lycée. Il travaille depuis l'âge de quinze ans dans la fabrique de porcelaine familiale.

1823 : Fondation, à Londres, de la Société pour l'abolition de l'esclavage.

1824-1825 : Affaire et procès de Bissette, en Martinique, accusé d' avoir diffusé une brochure réclamant les droits civiques pour les hommes de couleur libres.

1828 : Marc Schoelcher associe offciellement son fils à son entreprise.

1829-1830 : Premier voyage de Victor Schoelcher aux Amériques. Envoi de ses premiers articles sur l'esclavage à la Revue de Paris.

1831 : Reconnaissance de droits civiques aux hommes de couleur. Loi du 4 mars interdisant la traite négrière.

1833 : Il publie "De l'esclavage des noirs et de la législation coloniale". Vote par le parlement britannique de l'abolition de l'esclavage.

1834 : Fondation, à Paris, de la Société pour l'abolition de l'esclavage. Fondation par Cyrille Bissette, à Paris, de la Société des Hommes de couleur et de la Revue des Colonies (paraît jusqu'en 1843)

1834-1844 : Il voyage à travers toute l'Europe.

1840 : Il publie "Abolition de l'esclavage Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés".

1840-1841 : Second voyage aux Caraïbes.

1840-1843 : Travaux à Paris de la commission chargée de la révision de la législation des colonies.

1842 : Il publie "Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage".

1843 : Il publie Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l'émancipution anglaise. Coup d'oeil sur l'état de la question d'affranchissement.

1844 : Pétition pour l'abolition de l'esclavage par les ouvriers parisiens.

1845 Vote de la loi Mackau modifiant le régime de l'esclavage (droit à l'instruction, possibilité de constituer un pécule et de se racheter, fixation des horaires de travail)

1847 : Publication de l' Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années.

1848 : Journées révolutionnaires à Paris, fin de la Monarchie. Proclamation de la République et formation d'un gouvernement provisoire dont il fait partie. Il est nommé sous secrétaire d'Etat aux colonies et président de la commission d'abolition de l'esclavage (du 5 mars au 2l juillet). Le décret d'abolition est voté le 27 avril. II est élu représentant du peuple de Martinique et de Guadeloupe. Il opte pour la Martinique.

1851 : Résistance de Schoelcher au coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte. ll est exilé et ne revient en France qu'en 1871.

1893 :Décès de V. Schoelcher

Retour

Extraits d'écrits de Schoelcher

Acquittement d'un propriétaire d'esclaves

Extrait de l'acte d'accusation de Fourier, ancien régisseur de l'habitation la Marianne (Guyane).
Après 4 jours de procès, il fut acquitté.

« 1er Sur le nègre Henri, dit Gros-Bibi, en lui faisant cracher au visage et frapper aux deux joues avec un soulier ferré, par tout l'atelier de l'habitation la Marianne , (...) et, lorsque cet homme était encore attaché à l'échelle, en lui portant lui-même, dans cette position, des coups de pied au visage et en lui fracturant, alors ou postérieurement, une ou plusieurs dents; en le faisant enchaîner, malade, pendant un mois au moins, à une chaîne du poids de vingt-cinq kilogrammes, et dans cet état ne lui fournissant qu'une nourriture insuffisante; en le soumettant à un travail au-dessus de ses forces et à une fustigation quotidienne de vingt-cinq coups de fouet pendant une semaine au moins, (...); « Faits qui, perpétrés volontairement et avec préméditation, ont occasionné, le 18 septembre 1841, la mort de Henri, dit Gros-Bibi, sans intention de la donner"

Victor Schoelcher Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années, 1847

Contre l'esclavage

Art. 4. L'esclavage, injure à la dignité humaine. Il n'est justifiable sous aucun rapport, et doit toujours exciter en nous une haine vigoureuse et invincible. La liberté ne peut être vendue; un membre de l'espèce humaine ne saurait devenir un objet de commerce (...). Il ne s'agit donc plus que de décider enfin si les nègres sont des êtres intelligents, comme nous le prétendons ; ou des créatures inférieures, des bêtes de somme, comme le prétendent les possesseurs d'esclaves. (...) Si les nègres font partie de l'espèce humaine, ils ne nous appartiennent plus, ils sont nos égaux.

Si les nègres font partie de l'espèce brute, nous avons droit de les exploiter, de les utiliser à notre profit, comme les rennes, les boeufs et les chameaux; nous avons même aussi le droit, c'est une conséquence forcée, de les manger comme des poulets et des chevreuils; il n'y a pas ici de juste milieu (...)

La liberté individuelle est antérieure à toutes les lois humaines; elle fait corps avec nous, et aucune puissance imaginable ne peut consacrer la violation de ce principe naturel. L'homme a le droit de reprendre par la force ce qui lui a été enlevé par la force, l'adresse ou la trahison; et pour l'esclave, comme pour le peuple opprimé, l'insurrection est le plus saint des devoirs.

Victor Schoelcher , Esclavage et colonisation,1840.

Décret du 27 avril 1848

Le Gouvernement provisoire, Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité... Décrète :

article 1er : L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, ... A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits. ...

article 6 : Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.