Abolition de l'esclavage pour dettes
Voici
un texte très intéressant, mais difficile pour des élèves de
collège, et même de lycée. Il sera donc préférable, plutôt
que de leur demander une traduction, de les faire travailler sur
certains mots ou expressions caractéristiques :
Traduction littérale
Cette année-là il se produisit pour la plèbe romaine comme un second début de liberté, en ce sens qu'elle cessa d'être emprisonnée ; ce changement de la loi fut causé autant par l'attitude débauchée d'un seul créancier que par sa cruauté extraordinaire. Ce créancier fut Lucius Papirius, à qui Caius Publilius s'était donné comme esclave pour rembourser les dettes de son père ; sa jeunesse et sa beauté, qui auraient pu éveiller la pitié, enflammèrent le cur [de son maitre] jusqu'à la concupiscence et à l'outrage. Ayant cru que la fleur de son âge était un bénéfice accessoire à l'argent qu'on lui devait, il tenta d'abord de séduire le jeune homme par un discours impudique ; puis, comme les oreilles [de sa victime] rejetaient cette infamie, il essayait de l'effrayer et lui rappelait sa situation. Enfin, comme il le voyait plus attaché à sa naissance qu'à sa condition présente, il le fait déshabiller et lui inflige les baguettes. Lacéré de leurs coups, le jeune homme se précipita dans la rue, se plaignant de la cruauté et de la concupiscence de son créancier. Une foule immense, enflammée tant par la pitié et l'indignité de cette injustice que par la perspective sa propre condition et celle de ses enfants, accourut, se rassembla au forum, et se rendit de là en cortège jusqu'à la Curie. Et comme les consuls, contraints par ce soudain tumulte appelaient le sénat, ils se jetaient au pied de chaque père, au moment où il entrait dans la curie, et lui présentaient le dos lacéré du jeune homme. Ce jour là fut vaincue, à cause de l'injustice commise par un irresponsable, la puissante chaine de la confiance [entre classes], et les consuls firent annoncer au peuple que personne ne serait enchaîné ou emprisonné, hormis celui qui avait mérité un châtiment jusqu'à ce qu'il purge sa peine. Les biens du débiteur pouvaient être saisis, et non son corps. Ainsi on libéra les prisonniers, et on veilla qu'à l'avenir ils ne fussent plus emprisonnés.
Yves Ouvrard
| Académie de
Poitiers Courrier électronique : Latin |
Dernière mise à jour : 21/01/99 |