ABRACADABRA

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     Si ce texte est utilisé en cinquième ou quatrième, mieux vaut se limiter à une étude partielle de la morphologie. On y verra les futurs en -am, -es, et le futur irrégulier memento ; on peut y recherche les noms qui suivent le modèle templum ; on y remarque enfin les parfaits potuere et uoluere (potuerunt, uoluerunt).
    Pistes d'étude
  1. La magie dans l'antiquité : elle est en marge de la religion officielle. Apulée dans l'Ane d'or nous montre Lucius victime d'une sorcière thessalienne, et délivré par sa piété pour la déesse Isis.
  2. Montrer l'origine et les dérives de la magie contemporaine : le mot abracadabra serait soit les premières lettres des mots hébreux père, fils, esprit saint (ABba, Ben, RAuch, ACADosh). D'autres prétendent que c'est une phrase complète : abreq ad habra, « lance la foudre jusqu'à la mort ». Il est remarquable que ces pratiques se soient conservées jusqu'à nos jours, et surtout que certains en soient victimes. Les sectes et les marchands de talismans s'appuient souvent sur les textes anciens. Un des devoirs de l'humaniste est de désamorcer ces escroqueries en consultant les textes originaux.
  3. Pourquoi un livre de médecine écrit en vers ? La chose n'est pas rare, et on a des traités d'agriculture, des ouvrages d'histoire versifiés. Les Géorgiques en sont d'ailleurs un exemple. Pourquoi ? le rythme de la poésie latine facilite de mémorisation, et donne à la matière un caractère plus majestueux.
  4. Voici ce que pouvait donner l'amulette de parchemin fabriquée suivant la recette de Q. Serenus Samnonicus, fréquemment utilisée au Moyen-Âge :
ABRACADABRA
ABRACADABR
ABRACADAB
ABRACADA
ABRACAD
ABRACA
ABRAC
ABRA
ABR
AB
A
traduction approximative :
51. Remède contre l'hémitritée
     Plus mortelle encore est la maladie connue chez les Grecs sous le nom de hémitritaios. Personne, je pense, n'a pu lui donner de nom en notre langue, et nos pères ne l'ont pas voulu.
     Tu écriras sur du parchemin le mot qui se prononce abracadabra, tu le recopieras plusieurs fois en dessous, mais ôte la dernière lettre, et que de plus en plus, un par un, il manque à la figure les lettres que tu enlèveras toujours, et tu marqueras le reste, jusqu'à ce que l'écriture soit réduite à une pointe de cône : prends soin de la porter au cou après l'avoir attachée avec du fil.

Yves Ouvrard


Académie de Poitiers
Courrier électronique :
Latin
Dernière mise à jour : 27/10/98