[texte] [Retour au sommaire]
La science victime du pouvoir
Le festin ches Trimalchion est le passage le plus repris du Satyricon. On y trouve une image sans doute très fidèle de ce qu'étaient les conversations entre invités. Après avoir évoqué l'auteur, l'uvre et parlé de la maison, de la salle et du repas, on pourra étudier :
Voici la traduction que Héguin de Guerle
donne de ce passage, vers la fin du XIXème siècle :
Il y eut cependant autrefois
un ouvrier qui fabriqua un vase de verre que l'on ne pouvait
briser. Il fut admis à l'honneur de l'offrir à César. Ensuite,
l'ayant repris des mains de l'empereur, il le jeta sur le pavé.
Le prince à cette vue, fut effrayé au delà de toute
expression ; mais, lorsque l'ouvrier ramassa le vase, il
n'était que légèrement bossué, comme l'eût été un vase
d'airain. Tirant alors un petit marteau de sa ceinture, notre
homme, sans se presser, le répare avec adresse et lui rend sa
forme première. Cela fait, il crut voir l'Olympe s'ouvrir devant
lui, surtout lorsque l'empereur lui dit : « Quelqu'un
d'autre que toi sait-il l'art de fabriquer du verre
semblable ? Prends bien garde à ce que tu vas
dire ! » L'ouvrier ayant répondu qui lui seul
possédait ce secret, César lui fit trancher la tête, sous
prétexte que, si cet art venait à se répandre, l'or perdrait
toute sa valeur.
Yves Ouvrard
| Académie de Poitiers Courrier électronique : Latin | Dernière mise à jour : 15/12/98 |