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De dignitate hominis oratio
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J'ai choisi ce texte pour faire pendant à l'étude d'un chapitre de Saint-Augustin à l'occasion duquel j'avais présenté un tableau historique de la formation de l'église. Comme ma classe de latinistes compte deux élèves musulmans, j'espérais ainsi pouvoir parler un peu de la philosophie arabe et de ses rapports avec l'Islam et la Grèce. Pic a le mérite d'être allé puiser à toutes les sources de savoir disponibles en son temps, au point que treize de ses conclusiones ont été condamnées par la Curie, et il n'a dû son salut qu'à sa haute naissance et aux négociations habiles qu'il a fait mener par Jean de Médicis. Ainsi, son attitude humaniste est très proche de celle des savants arabes de l'Espagne du huitième siècle, où vécurent Averroès, Avicenne et Al-Ghazzali. Suggestions d'étude
Traduction : DISCOURS SUR LA DIGNITÉ DE L'HOMME, PAR PIC DE LA MIRANDOLE - J'ai lu, pères très honorables, dans les textes des Arabes, qu'Abdallah le Sarrasin, à qui on demandait ce qui, en ce monde qui est presque une scène, était le plus admirable à voir, avait répondu qu'on ne pouvait rien observer de plus admirable que l'homme. (...présentation de l'homme ; récit commenté de la Création... ) Le Grand Artisan décida enfin que celui à qui il ne pouvait rien lui donner en propre, aurait en commun tout ce qui avait appartenu en particulier à chacun. Aussi, il reçut l'homme comme l'uvre d'une image indistincte, et l'ayant place au milieu du monde, lui parla ainsi : « Je ne t'ai donné ni une place définie, ni une apparence propre, ni aucun rôle particulier, ô Adam, afin que tu prennes et possèdes la place, l'apparence et les rôles que tu auras souhaité toi-même, par vu et par ton propre avis. Tous les autres êtres ont une nature définie, contenue à l'intérieur de lois par moi prescrites. Toi, qui n'es enfermé dans aucun chemin étroit, tu te définiras ta nature en fonction de ton bon vouloir, en les mains duquel je t'ai placé. Je t'ai mis au milieu du monde, afin que de là tu regardes plus commodément autour de toi tout ce qui est dans le monde. Je ne t'ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, comme si tu étais ton propre juge et digne de te juge, peintre et sculpteur, tu façonnes toi-même ta forme. Tu pourras dégénérer vers les choses brutes du bas, tu pourras renaître vers les choses divines du haut, par le jugement de ton esprit.
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