La qualité des eaux
en Deux-Sèvres

1988

Distribution
Contrôles

Bilan général

Causes

Traitements

1996

Distribution

Bilan général

Eaux souterraines
Nitrates,
Dureté totale
Fluor,
Bactériologie,
Pesticides

Eaux superficielles

Source : Qualités de l'eau des Deux Sèvres  Distribution-Rivières 1996
Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales

Etat en 1988


1988 -Distribution de l'eau en Deux-Sèvres

Les Deux Sèvres comptent, en 1988, 132 unités de distribution d'eau potable prélevant annuellement 35 000 000 m3 d'eau dans l'environnement et en distribuent 24 500 000 m3 (ce qui représente 30% de fuites entre les sites de prélèvement et les particuliers, situation normale semble t-il ).
Ces unités de distribution voient les eaux qu'elles distribuent régulièrement contrôlées mais tous les habitants des Deux Sèvres ne bénéficient pas d'une adduction d'eau : 30 000 habitants sur les 350 000 que compte le département (soit 8,5% environ) utilisent des installations privées (puits) dont la qualité des eaux est plus rarement vérifiée.

1988 -Contrôles de qualité

Les contrôles de qualité sont organisés par la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS), qui fait réaliser 2340 analyses par an. Celles ci sont de trois types :
  1. Type 1 : Bactériologique + physico-chimique complète et éléments indésirables (métaux, pesticides).
  2. Type 2 : Bactériologique + physico-chimique simple.
  3. Type 3 : Bactériologique simple.
La périodicité des analyses dépend du type d'analyse et de la vulnérabilité des ressources (dans le cas des eaux brutes) et de l'importance de la population desservie (dans le cas des eaux de distribution ).
Situation établie en 1988 pour les 130 captages :
  Peu vulnérables Vulnérable Très vulnérables
Eaux superficielles    

5

Eaux souterraines

33

86

6

 
Le suivi des analyses concerne :
- les eaux ressources, pour définir les problèmes initiaux, les pollutions et leurs sources, les analyses prioritaires à effectuer, la vulnérabilité.
- les eaux de distribution pour effectuer un contrôle et une prévention des risques encourus par la population.
- les eaux traitées dans le cas des traitements complexes seulement puisque pratiquement toutes les eaux de distribution sont traitées.

D'autres analyses ponctuelles peuvent être effectuées à la demande des services d'eau, en cas de problèmes climatiques ou de pollution.

1988 -Bilan général

Les paramètres pris en compte lors des contrôles sanitaires sont définis par des textes réglementaires (J-O du 4/01/1989). La qualité d'une eau s'exprime par rapport à des valeurs indicatives. En pratique, seuls quelques paramètres sont étudiés en fonction des particularités locales. La bactériologie, les nitrates, le fer, le fluor et la dureté sont les paramètres surveillés en Deux- Sèvres. Les résultats des analyses établis par la DDASS en 1988 permettent d'établir un bilan provisoire par paramètre.

L'état bactériologique des ressources brutes est préoccupant pour les eaux superficielles, qui représentent 35,6 % des ressources, car elles montrent une contamination importante. Les eaux souterraines sont, pour 20 % d'entre elles peu ou pas contaminées. La situation pour l'état bactériologique des eaux de distribution est satisfaisante dans 70 % des cas, à surveiller pour 18 %, préoccupante dans 11 % des cas. Dans 90 % des cas, l'eau prélevée n'est pas potable. Il faut aussi mentionner le cas particulier des 30000 habitants n'ayant pas d'adduction d'eau.

Les nitrates représentent le paramètre le plus étudié car pratiquement le plus limitant dans la région pour la potabilité de l'eau. La teneur acceptable en nitrates ( 35 mg*L-l ) est souvent dépassée, de même que la limite de potabilité de 50 mg* L-l. La teneur moyenne de 20 captages de référence qui était de 26 mg* L-l n'a fait qu'augmenter jusqu'en 1981 pour atteindre 58 mg* L-l, valeur à laquelle elle s'est stabilisée.

Le fer présente, dans les eaux brutes, de teneurs supérieures au seuil réglementaire de 0,2 mg* L-l. Dans les eaux superficielles, la teneur est variable avec un dépassement périodique du seuil, mais dans les eaux souterraines, les teneurs en fer peuvent dépasser 1 mg* L-l.

La dureté totale et le fluor ne constituent une préoccupation que dans certaines zones du département. La dureté qui exprime essentiellement la teneur en calcium et en magnésium est faible ou moyenne dans la plupart des zones, elle atteint une valeur élevée au niveau des captages de la région sédimentaire calcaire du sud du département. Le fluor est présent, 2 captages seulement dépassent la norme.

1988 -Recherche des causes

L'origine des éléments dont la teneur dans les eaux doit être surveillée est liée à la géologie, et aux pratiques humaines associées

La mauvaise qualité bactériologique des eaux est surtout liée à l'importance du prélèvement en eaux superficielles (35,6 %), qui sont plus vulnérables que les eaux souterraines.

Les eaux fortement nitratées sont ici une conséquence des pratiques culturales (utilisation de doses massives d'engrais associées à une irrigation intense) et de la climatologie (l'entraînement des nitrates dans les nappes par lessivage des sols est très important pendant les années pluvieuses)

Le fer provient de l'altération des roches magmatiques et métamorphiques du Nord du département. La faible oxygénation des eaux superficielles et surtout des eaux souterraines est un facteur d'augmentation de la teneur en fer.

Le calcium et le magnésium proviennent du lessivage des roches sédimentaires carbonatées.

Le fluor provient des roches et des engrais phosphatés utilisés dans la région.

 
 
1988 -Traitement des eaux brutes
Les solutions préventives consistent à améliorer la définition et la caractérisation des périmètres de protection des captages (ceci n'est valable bien sûr que pour les eaux souterraines), et à effectuer une surveillance des rejets dans les eaux superficielles et dans les eaux captées et distribuées.

Les solutions curatives portent sur l'intensification des contrôles en cas de problème de pollution, sur le traitement anti-microbien des eaux de distribution, la fermeture des captages présentant de manière chronique un dépassement des normes, et sur les mélanges des eaux (les eaux à forte teneur en un élément sont mélangées à des eaux provenant de captages où la teneur de cet élément est faible).

Etat en 1996


1996- Distribution
La quasi-totalité de la population départementale (354 000 habitants) est desservie par l'adduction publique. Cependant, les problèmes de qualité et le coût de l'eau favorisent une augmentation de l'utilisation de puits particuliers et d'appareils de traitement individuels.
123 ressources en eau sont utilisées pour l'alimentation en eau potable, 116 sont situées dans le département, 5 sont des ressources extérieures (lac de Mervent, nappe de la Loire...).

1996 -Bilan général
 
Etat des ressources
La qualité des ressources est en dégradation continue. 4 % de la ressource naturelle seulement présente une qualité potabilisable. La dégradation de la qualité est surtout due aux activités humaines et en particulier aux activités agricoles dans les bassins d'alimentation des ressources.
40 ressources ont été abandonnées en 10 ans, des ressources profondes ont été mises en service (mais le fer, le fluor et la dureté posent problème).

Traitement
Beaucoup de ressources en eau ne subissent qu'un traitement de désinfection par chloration (chlore gazeux, eau de Javel). Des améliorations sont en cours sur plusieurs sites : dénitrification à NIORT et THOUARS, traitement des micro polluants à NIORT,...

Distribution
Paradoxalement, si la qualité des ressources se dégrade, la qualité de l'eau délivrée à l'usager s'améliore ! Les mélanges d'eau, les interconnections de ressources, les arrêts de ressources, l'évolution des traitements en sont les principales raisons.
Les projets concernent le développement de méthodes préventives, définition de périmètres de protection en particulier. 40 à 50 ressources sont concernées, pour un coût de 500 millions F.

Surveillance sanitaire réglementaire
Le contrôle sanitaire des eaux destinées à l'alimentation en eau potable est organisé conformément aux dispositions du décrite 89-3 du 3 janvier 1989 (publié au J.O le 4/01/1989)

1996 -La qualité des eaux souterraines.

Les nitrates
Action sur la santé. Les nitrates ne sont pas dangereux par eux-mêmes, mais peuvent être à l'origine de la formation de composés chimiques (nitrites, nitrosamines) qui engendrent des dangers potentiels. Les nitrites peuvent transformer l'hémoglobine en méthémoglobine, le sang devient alors incapable de transporter le dioxygène aux cellules, c'est une sorte d'asphyxie dangereuse en particulier chez le nourrisson (méthémoglobinémie ou cyanose du nourrisson). La cancérogenèse est due aux composés n-nitros (nitrosamines et nitrosamides) issus de la combinaison des nitrites avec certains amines ou amides. Il est prouvé que les nitrosamines sont cancérigènes chez l'animal, c'est probable pour l'Homme. Il est donc souhaitable que l'apport en nitrates soit le plus faible possible dans les eaux distribuées. Cependant, les aliments, les légumes, les viandes traitées peuvent en contenir des quantités importantes ! Nitrates : Norme. La quantité maximale admissible est fixée à 50 mg/L.

Situation départementale. Dépassement de la norme :
Valeurs moyennes annuelles : 14 ressources (5% de la population).
Valeurs maximales annuelles : 44 ressources (47 % de la population).
Ces valeurs sont obtenues en période de recharge de nappes.
Causes. Les ressources concernées sont situées principalement au Sud et au Nord-est du département, situées sur sous-sol calcaire. La concentration en nitrates dans les ressources souterraines augmente régulièrement de 1 à 2 mg/L et par an. Pour les eaux superficielles, la tendance est plus difficile à dégager, mais la qualité ne s'est pas améliorée en 7 ans. Cette dégradation est essentiellement due aux activités agricoles, comme l'ont prouvé plusieurs études menées dans le cadre de l'élaboration de périmètres de protection. Les causes de l'amélioration de la qualité des eaux distribuées n'est qu'apparente, les ressources contaminées ont été fermées !

Traitements. Mise en place de traitements adaptés (l'eau de NIORT a une concentration en nitrates < à 25 mg/L).Mélanges d'eau par mobilisation de ressources profondes.


Dureté totale : concentration en calcium et magnésium.
Effet sur la santé. Plusieurs études ont montré une corrélation négative entre dureté de l'eau de boisson et maladies cardio-vasculaires. Les eaux très douces pourraient avoir un effet défavorable sur l'équilibre hydrominéral. Les inconvénients sont surtout domestiques.
- eaux dures : augmentation de la consommation en savon, entartrage, cuisson plus longue.
- eaux douces : eaux fades, risques de corrosion des canalisations.
 

Les adoucisseurs sont déconseillés pour les usages alimentaires.
Normes. La concentration en magnésium doit être inférieure à 50 mg/L, les eaux adoucies doivent posséder une dureté totale de 15°Français.


Situation départementale. Deux zones bien distinctes apparaissent : la zone calcaire du Sud et du Nord-est ont des eaux dures, voire très dure dans le Sud-ouest : 35 °F la zone "granite" : Gatine et Nord-ouest ont des eaux douces. Le secteur du lac du Cébron présente des minéralisations légèrement inférieures à 15 °F. Un traitement de reminéralisation permet de maîtriser la dureté vers 17°F.

 
Le fluor
Effet sur la santé L'eau souterraine peut contenir jusqu'à 10 mg/L de fluor, l'origine doit être recherchée dans les minéraux des roches du sous-sol (fluorine,...). Le fluor prévient la carie dentaire, mais des doses de 20 à 80 mg/L pendant plusieurs années favorisent l'ostéose fluorée (douleurs osseuses et articulaires accompagnées de déformations).
 
Normes La concentration en fluor doit être inférieure à 1.5 mg/L.
 
Situation départementale. Les eaux qui présentent une concentration notable (supérieure à 0.5 mg/L) sont situées dans l'aquifère de l'infra Lias, trois régions sont principalement touchées : Aiffres-Prahecq, Sud-ouest des Deux-Sèvres, bassin de la Boutonne. 7 Ressources dépassent 0.5 mg/L soit 2 % de la population.

La qualité bactériologique.
Effet sur la santé. La surveillance concerne les bactéries témoins de la contamination fécale et le dénombrement de germes banaux à 22 et 37°C. La présence de témoins de la contamination fécale ne constitue pas un danger imminent pour la santé, mais témoigne d'une dégradation de la qualité qu'il convient de traiter pour ne pas exposer la population. Les contaminations bactériologiques peuvent conduire à l'apparition de troubles gastro-intestinaux sur les personnes sensibles (enfants, personnes âgées, personnes immuno-déprimées). D'autres maladies infectieuses peuvent également survenir : hépatites, fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, méningites, maladies cutanées.
 
Normes.
  • 95% des échantillons prélevés ne doivent pas contenir de coliformes dans 100 mL d'eau.
  • L'eau ne doit pas contenir de streptocoques fécaux ni de coliformes thermotolérants dans 100 mL d'eau prélevée.
  • L'eau ne doit pas contenir plus d'une spore de bactérie sulfito-réductrice par 20 mL d'eau prélevée.
  • Les signes de qualité ne doivent pas permettre d'observer plus de 10 germes / mL à 37°C ou plus de 100 germes / mL à 22°C lors du dénombrement des germes totaux.
 
Situation départementale. Les ressources en eau ne présentent pas d'amélioration de leur qualité bactériologique. Les vidanges importantes de nappes observées lors d'étiages marqués conduisent à des dégradations, des contaminations plus conséquentes lors des périodes de recharge des nappes ou d'écoulements intenses des rivières. 8 ressources présentent des qualités médiocres, soit 2 % de la population.

 

Les produits phytosanitaires
Effet sur la santé. Les études de toxicité sont effectuées sur les animaux de laboratoire. Il est établi une dose journalière tolérable (DJT) pour la vie entière. Cette dose peut être dépassée de façon ponctuelle à condition qu'elle soit respectée sur une longue période. Ces doses tolérables permettent d'établir des valeurs guides. Les molécules suivies (indicateurs des autres molécules ?) sont les triazines :
  • L'atrazine est un herbicide sélectif, il est stable dans le sol et en milieu aquatique. Cette molécule n'est pas génotoxique (non mutagène pour l'ADN), les preuves de cancérogénicité sont insuffisantes.
  • La simazine est un herbicide. Cette molécule qui persiste est très mobile dans les eaux souterraines et superficielles. La simazine ne semble pas génotoxique.
Normes. 0.1 micro-gramme par molécule individualisée et 0.5 micro-gramme pour l'ensemble des molécules mesurées. Les pesticides sont apparentés aux substances classées toxiques.
Situation départementale. Cette situation est difficile à établir en raison du faible nombre de mesures, les molécules sont en effet variées, et le coût de la recherche est élevé : 900 Francs par recherche par an et par point ! Depuis 1991, des pics de concentrations élevées ont été observés sur de nombreuses ressources, tant superficielles que profondes. Une pluviométrie importante prolonge les pics observés. Il semble cependant que les valeurs moyennes annuelles demeurent assez faibles et voisines de 0.1 micro-gramme pour les captages exposés..

La qualité des eaux superficielles.
Le réseau surveillé concerne 45 points suivis une fois par mois. Sont surveillés les paramètres physiques, chimiques et bactériologiques des eaux.
 
Résultats
 Beaucoup de rivières se situent en qualité générale mauvaise à très mauvaise. La qualité générale est en recul par rapport aux objectifs fixés en 1981.
La qualité nitrate est en classe mauvaise ou très mauvaise pour l'ensemble du réseau hydrographique (à l'exception des têtes de bassin) . L'origine de cette situation provient des pollutions diffuses agricoles.
La qualité phosphore est mauvaise à l'aval de chaque collectivité importante, les étiages marqués, l'insuffisance des traitements du phosphore par les stations d'épuration en constituent les causes.

J.M.Coulais Lycée de la Venise Verte 79000 NIORT


Académie de Poitiers
Courrier électronique : svt.enligne@ac-poitiers.fr
Dernière mise à jour : 24/05/00